Le pardon, un retour à une pensée positive
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Par Anne-Claire Huet
Les relations internationales sont conduites en partie par les émotions et ressentis. Dominique Moïsi, conseiller spécial de l’IFRI – Institut français de relations internationales – en a même fait un ouvrage intitulé « Géopolitique des émotions ».
Mais que ce soit à notre échelle ou à l’échelle mondiale, comment minimiser le poids des émotions négatives ? Il est reconnu que ces émotions, telles que la peur, l’humiliation ou la frustration, jouent un rôle particulier dans les relations internationales, et notamment dans les actualités avec le rôle joué par la France lors du génocide au Rwanda en 1994. L’acte de pardonner est d’autant plus important quand un peuple s’est senti humilié, acte que la France n’a pas encore fait. Ce dossier France-Rwanda est l’occasion de mettre en exergue les difficultés à s’excuser mais également à en comprendre l’intérêt.
Le pardon peut être un outil qui permet de stimuler les émotions positives dans les relations, mais il faut savoir en parler et avoir conscience que les mots peuvent blesser, et également réparer des blessures. Il contribue à porter un regard positif sur notre monde, mais comment passer des émotions négatives à un regard positif ? Aujourd’hui, dans un monde de plus en plus pluraliste, nous devons sans cesse être prêts à nous remettre en question. « En montant sur une chaise on voit différemment sa classe », aime à dire le professeur dans le film « Le cercle des poètes disparus ». Encore faut-il avoir conscience que nous avons une chaise, un outil pour regarder différemment. Cela s’apprend. Comment raisonne l’autre, qu’est-ce qui l’anime ? Qu’est-ce qui le fait réagir ? Tout cela demande un travail sur soi, demande une remise en cause permanente de notre façon de voir et d’agir. Une fois notre regard orienté différemment et plus largement, il est plus facile de comprendre toute la relativité de « notre » vérité, et d’agir en conséquence.
Telles sont les questions qu’I&C se pose également dans ses programmes ou ses dîners : proposer deux intervenants différents sur une même thématique, éduquer les jeunes à trouver eux-mêmes des solutions pour changer, donner un regard autre que le regard médiatique sur la violence des jeunes, échanger sur le rôle de l’honnêteté et de la vérité dans notre quotidien.
Nous pouvons regarder le monde avec un œil positif, minimiser les émotions négatives et oser risquer des initiatives qui ont permis par exemple au prix Nobel de la Paix Mohamad Yunus d’aider des millions de personnes défavorisées dans le monde entier. Voilà un regard qui donne envie d’avancer, qui donne envie de présenter ses excuses et de pardonner.
N.B : Des individus de toutes cultures, nationalités, religions et croyances sont impliqués et actifs avec Initiatives et Changement. Ce texte représente le point de vue de l’auteur, pas nécessairement de toute l’organisation Initiatives et Changement.
